Étude mondiale 2025 de PwC sur la transparence fiscale et reporting de durabilité

Trois personnes en discussion
  • Point de vue
  • 16 minutes de lecture
  • 06 févr. 2026

La transparence fiscale et le reporting de durabilité occupent une place croissante dans les priorités des directions fiscales  et financières à travers le monde. Au-delà des obligations réglementaires, ces enjeux sont devenus des leviers essentiels de stratégie fiscale, de communication financière et de gestion des risques réputationnels, dans un contexte où les investisseurs, les salariés et l'ensemble des parties prenantes scrutent de plus en plus attentivement la manière dont les entreprises contribuent à leur économie locale.

Pour les responsables fiscaux à travers le monde, la transparence fiscale et le reporting fiscal deviennent des priorités. Cette évolution ne se limite pas à la conformité : elle vise aussi à gérer le risque réputationnel et la stratégie fiscale. Les investisseurs, les salariés et les autres parties prenantes portent une attention croissante aux impôts payés par les entreprises et à l'explicatif attaché ainsi qu'à leur contribution aux économies locales.

Ce changement est porté par une transformation du paysage mondial du reporting fiscal, passant d’une approche de divulgation volontaire à de véritables obligations de publication, avec des initiatives telles que le Public Country-by-Country Reporting (CbCR public) au sein de l'UE et en Australie, et la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) de l’UE, désormais en vigueur.

Les résultats de notre étude 2025 montrent que les entreprises commencent à s’adapter à cette nouvelle réalité. 270 entreprises, soit 30 % des 956 entreprises composant le panel de notre étude, ont publié un Total Tax Contribution (TTC) (ou équivalent). Sous la pression constante, les directions fiscales utilisent de plus en plus le TTC comme un socle stratégique : il aide à répondre aux obligations de conformité, à s’adapter aux nouvelles exigences de reporting et à maîtriser le risque réputationnel en fournissant des données chiffrées à l'appui d'une description du contexte, de l'activité, etc., afin d'orienter les parties prenantes.

Selon notre expérience, définir une approche en matière de transparence fiscale et de TTC prend du temps. Le benchmarking par rapport aux pairs et concurrents est une étape clé de ce processus.

Parallèlement, Pilier 2 crée de nouvelles exigences, obligeant les entreprises à collecter et valider des centaines de nouveaux points de données à l’échelle mondiale, nécessitant une mobilisation des équipes fiscales déjà sollicitées sur de nombreux sujets. Les responsables fiscaux repensent donc le fonctionnement de la fonction fiscale et accélèrent leurs plans de transformation en conséquence.

À l’avenir, le véritable facteur différenciant sera la capacité des entreprises à renforcer la gouvernance et exploiter la technologie pour gérer les données Pillar Two, transformant un exercice de conformité en un outil pour se réinventer.

Ce nouvel environnement n'est pas propre à la fiscalité. Un récent livre blanc PwC–WEF souligne le défi croissant auquel les entreprises sont confrontées pour naviguer dans la multiplicité des obligations réglementaires, répondre à des demandes croissantes de données et harmoniser la conformité entre plusieurs régimes. S'Ajoutent à cela le risque climatique et la complexité des exigences commerciales, de sorte que des opportunités émergent pour renforcer la transparence fiscale et intégrer le reporting de durabilité fiscale dans une stratégie globale de croissance durable à long terme.

Principaux enseignements

Notre analyse porte sur 956 des plus grandes entreprises multinationales réparties dans 24 pays. Notre étude 2025 met en lumière la manière dont les entreprises réagissent et se préparent face aux nouvelles exigences en matière de transparence fiscale et de reporting fiscal.

  • 904 milliards USD : montant total des contributions fiscales (Total Tax Contribution) communiqué par 167 entreprises à l’échelle mondiale.
  • 509 entreprises ont publié une information relative à la réglementation Pilier 2, soit 55 % de l’ensemble des entreprises analysées.
  • 13 % des entreprises examinées sont considérées comme alignées avec le Minimum Safeguard fiscal de l’Union européenne.
  • 3,5 % des entreprises ont publié des informations complètes dans le cadre du CbCR public.

Notre outil interactif d’exploration des données par territoire ou secteur

Explorez en détail les résultats par territoire et par secteur grâce à notre outil interactif d’exploration des données. Découvrez les facteurs nationaux et sectoriels qui influencent la fiscalité et le reporting lié à la durabilité pour 956 entreprises.

Pour savoir où votre entreprise se situe – ou pour demander un rapport de benchmark personnalisé – veuillez contacter les interlocuteurs indiqués en bas de la page ou dans les données par territoire de notre outil.

Transformer les données en récit : la Total Tax Contribution, nouveau standard en matière de transparence fiscale

Enseignements clés :

  • 270 entreprises ont communiqué leur Total Tax Contribution, soit une augmentation de 22 % par rapport à l’année précédente. Cela représente près de 30 % de toutes les entreprises examinées dans l’étude.
  • 167 entreprises ont publié un profil complet de leur TTC, couvrant à la fois les taxes payées et les taxes collectées.
  • Ensemble, ces entreprises ont déclaré 904 milliards USD de TTC – répartis entre 369 milliards USD de taxes payées et 535 milliards USD de taxes collectées.

Ce qu’il faut retenir

  • La TTC offre aux équipes fiscales un cadre prêt à l’emploi pour transformer les données fiscales en un récit cohérent, compréhensible et digne de confiance pour les parties prenantes.
  • Il permet également de valoriser le rôle stratégique de la fiscalité en interne, en fournissant à la Direction des éléments d’analyse utiles pour orienter les décisions d’investissement.
  • Dans un contexte de transition du reporting volontaire vers des obligations réglementaires, la TTC constitue une base solide pour se préparer aux exigences à venir, telles que le reporting public pays par pays (CbCR public) et la directive européenne CSRD.
  • La TTC met en lumière des taxes souvent négligées dans le débat public, comme les taxes sur les salaires ou la TVA non récupérable, permettant de mieux contextualiser la contribution fiscale au-delà de l’impôt sur les sociétés.
  • Il renforce la crédibilité de l’entreprise en transformant des données brutes en un récit démontrant comment la fiscalité reflète le modèle économique et la contribution sociétale.

Quel plan d’action pour les organisations ?

  • Se préparer en amont : Commencer par collecter les données TTC comme socle de conformité aux futurs régimes de reporting, tout en gardant la publication facultative jusqu’au moment opportun.
  • Bâtir leur communication : Utiliser la TTC pour mettre en valeur les taxes intégrées dans leur modèle économique, souvent ignorées, et offrir aux parties prenantes une vision complète de leur contribution.
  • Instaurer la confiance : Prendre l’initiative de la communication fiscale plutôt que de réagir sous pression, en structurant un discours clair et transparent.

De la théorie à la conformité : la mise en oeuvre de la réglementation Pilier 2 est désormais une réalité

Enseignements clés :

  • Dans 23 des 24 juridictions couvertes par l’étude (à l’exception des États-Unis), les normes comptables internationales IFRS exigent désormais que les entreprises concernées divulguent l’impact des impôts complémentaires liés à Pilier 2 dans leurs états financiers.
  • 509 entreprises ont publié une information relative à Pilier 2, représentant 55 % de l’ensemble des entreprises examinées dans ces juridictions.
  • Cette première vague de reporting constitue une étape majeure dans la transparence fiscale mondiale, établissant une nouvelle norme de référence pour répondre aux attentes des gouvernements et dans les pratiques de reporting des groupes multinationaux.

Ce qu’il faut retenir

  • Les entreprises doivent désormais collecter un volume de données fiscales plus important que jamais, souvent en dehors de leurs systèmes centraux, ce qui accentue la pression sur des équipes fiscales déjà fortement sollicitées.
  • De nombreuses entreprises se tournent vers la technologie, l’automatisation et l’intelligence artificielle pour gérer l’ampleur et la complexité de Pilier 2.
  • Cette première vague de communication constitue un moment clé dans la fiscalité internationale, établissant une nouvelle norme de transparence et d’attentes de la part des gouvernements.
  • Pilier 2 exige plus de 270 points de données distincts par entité, ce qui représente un défi de conformité particulièrement complexe pour les groupes mondiaux.
  •  Les règles de « safe harbour » dépendent de la qualité des données du reporting pays par pays (CbCR), rendant la complétude et la précision des données incontournables.
  • Ces outils technologiques permettent non seulement de réduire les efforts manuels et d’améliorer la précision, mais aussi de transformer les données Pilier 2 en insights stratégiques utiles pour la fiscalité et la finance.
  • La réglementation Pilier 2 ne se limite pas à une exigence de conformité : elle redéfinit le paysage fiscal, accélérant la transition vers des fonctions fiscales intégrées et digitalisées.

Quel plan d’action pour les organisations ?

  • Renforcer les bases de données : Mettre en place des processus et des contrôles centralisés pour appréhender et valider les données requises par le Pilier 2.
  • Exploiter la technologie de manière stratégique : Intégrer l’automatisation et l’IA pour réduire les efforts manuels, améliorer la précision et générer des analyses utiles à la stratégie globale de l’entreprise, tout en transformant la fonction fiscale.
  • Renforcer la crédibilité : Positionner les communications des informations relatives à Pilier 2 comme une étape dans un parcours plus large de transparence fiscale. En démontrant une gouvernance rigoureuse et une conformité solide aux autorités fiscales, les entreprises peuvent instaurer la confiance et montrer leur préparation aux futures exigences réglementaires.

Reporting fiscal durable : créer de la valeur à travers les décisions fiscales

Enseignements clés :

  • La directive européenne CSRD reste un cadre exigeant et en constante évolution. L’alignement sur ces exigences fiscales (y compris le « minimum safeguard ») est essentiel pour assurer la conformité.
  • Dans notre analyse, 125 entreprises (soit 13,1 % du total) ont été évaluées comme étant alignées avec le minimum safeguard fiscal, sur la base de leurs publications — une légère hausse par rapport aux 117 entreprises recensées l’année précédente.
  • L’analyse de 250 déclarations CSRD à travers l’Europe montre que 6 % des entreprises identifient actuellement la fiscalité comme un sujet important en matière de durabilité. La plupart le font sous un angle d’un impact positif, reconnaissant que la fiscalité joue un rôle essentiel dans la responsabilité sociale, influençant directement les résultats économiques et sociaux.
  • Les simplifications apportées par le paquet Omnibus de février 2025 ont réduit le périmètre, repoussé certains délais et allégé le nombre de données obligatoires — un soulagement bienvenu, mais qui ne dispense pas de se conformer aux exigences de la CSRD.

Ce qu’il faut retenir

  • La fiscalité reste sous-représentée dans les rapports de durabilité, bien que certaines entreprises commencent à reconnaître sa double matérialité — à la fois son impact sur la société et ses implications financières.
  • Les investisseurs reconnaissent de plus en plus les pratiques fiscales responsables et la transparence comme des critères importants dans l’évaluation des entreprises. Selon le Global Investor Survey 2024 de PwC, 18 % des investisseurs citent la transparence et la responsabilité fiscales comme l’un des facteurs non financiers les plus importants, au même niveau que des sujets comme la santé, la sécurité et le bien-être. Cela reflète une attente croissante pour que la fiscalité soit traitée comme un enjeu de durabilité.
  • Une reconnaissance limitée de la fiscalité dans les rapports de durabilité peut exposer les entreprises à des lacunes réglementaires, à un examen rigoureux de la part des investisseurs et à des risques réputationnels. Les entreprises qui intègrent la fiscalité dès maintenant sont mieux positionnées pour construire leur crédibilité et instaurer la confiance.
  • Selon l’enquête PwC, 45 % des investisseurs estiment manquer de données fiscales quantitatives, et 43 % manquent d’informations qualitatives suffisantes, ce qui souligne un décalage entre les attentes du marché et les pratiques actuelles.
  • La Total Tax Contribution (TTC) peut combler ce fossé en fournissant des données fiscales concrètes, utiles à la prise de décision, qui complètent les cadres de durabilité et répondent aux attentes des parties prenantes.

Quel plan d’action pour les organisations ?

  • Anticiper la collaboration avec les équipes durabilité : Combler le fossé actuel en veillant à ce que la fiscalité soit prise en compte dans les évaluations de double matérialité, et examiner les publications existantes à la lumière de référentiels comme le Global Reporting Initiative (GRI) 207 pour identifier les manques.
  • Aller au-delà de la conformité : Profiter de cette dynamique pour se préparer aux futures obligations de reporting telles que le CbCR public, et élargir les publications fiscales afin de mieux refléter les objectifs et priorités stratégiques de la fonction fiscale.
  • Valoriser la TTC : Évaluer comment la Total Tax Contribution peut offrir une vision plus globale de la contribution de l’entreprise aux économies locales et répondre aux attentes des investisseurs et des parties prenantes.

CbCR public : une réalité fragmentée mais imminente

Enseignements clés :

  • Les communications du CbCR public restent limitées : seulement 33 entreprises (soit 3,5 % de l’échantillon total) publient des données complètes, en légère hausse par rapport aux 24 entreprises (2,7 %) de l’année précédente — et ce malgré l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations européennes et australiennes dès 2025, avec une majorité des premiers rapports attendus en 2026.
  • 124 entreprises ont communiqué des données partielles relatives au CbCR public, contre 150 l’année précédente — une baisse liée à des changements dans les indices de référence et au fait que certaines entreprises européennes ont abandonné les standards GRI au profit des European Sustainability Reporting Standards (ESRS), qui n’imposent pas de reporting fiscal ou CbCR public.
  • La première année de reporting obligatoire en Roumanie offre un aperçu de ce qui attend les autres pays : l’analyse de 74 rapports montre une grande diversité d’approches, confirmant qu’il n’existe pas de modèle unique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le paysage émergent du CbCR public est complexe et fragmenté, avec des délais, des périmètres et des exigences de données variables selon les États membres de l’UE et l’Australie.
  • Pour les entreprises qui doivent se conformer à des exigences chevauchantes mais incohérentes, cela représente un défi de taille.
  • Les règles de « safe harbour » du Pilier 2 reposent sur des données CbCR public précises, ce qui ajoute une pression supplémentaire pour garantir la complétude et la fiabilité des informations.
  • Des divulgations CbCR public claires et cohérentes, seront essentielles pour instaurer la confiance avec les parties prenantes et éviter les mauvaises interprétations des données.
  • L’Australie introduit des exigences spécifiques, notamment une liste de juridictions pour le reporting désagrégé et une déclaration obligatoire sur l’approche fiscale de l’entreprise.
  • Les entreprises soumises à la fois aux régimes européen et australien doivent produire des rapports cohérents et comparables, malgré des cadres réglementaires non alignés.
  • Le CbCR public est bien plus qu’un exercice de conformité : il devient un indicateur public de confiance, reflétant la qualité de la gouvernance fiscale et la transparence de l’entreprise.

Quel plan d’action pour les organisations ?

  • Préparer les données : Évaluer dès maintenant la disponibilité, la qualité et les contrôles des données afin d’assurer leur exactitude dans les différents régimes CbCR public.
  • Renforcer la gouvernance : Mettre en place des mécanismes de supervision et de contrôle solides pour garantir des divulgations cohérentes et fiables, même dans des contextes réglementaires divergents.
  • Préparer le récit : Élaborer des explications claires pour aider les parties prenantes à interpréter les résultats et à comprendre l’approche fiscale globale de l’entreprise.

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Sandra Fleurier

Sandra Fleurier

Avocat, Associée, PwC Société d'Avocats

Stéphanie Chabannais

Stéphanie Chabannais

Avocat, Directrice, PwC Société d'Avocats

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