Au 1er septembre 2026 : toutes les entreprises concernées doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques ; les grandes entreprises et les ETI devront également émettre leurs factures dans le nouveau cadre et transmettre les données attendues au titre du e-reporting. Les PME, TPE et micro-entreprises n'entrent pour leur part, dans l'obligation d'émission qu'à compter du 1er septembre 2027.
Source : discours du ministre David Amiel, Communauté des relais, 10 juillet 2026.
Les chiffres présentés lors de la Communauté des relais mettent en évidence un déploiement encore partiel. Au 5 juillet 2026, seules 29,9 % des entreprises du « cœur de cible » (4 millions d'entités) avaient désigné une plateforme agréée, contre environ 18 % sur l’ensemble de la population des 11 millions d'entreprises concernées (population totale).
Source : Communauté des relais du 10 juillet 2026 et discours du ministre.
Du côté prestataires, le maillon le plus complexe de la chaîne demeure également i le moins avancé : une seule plateforme agréée sur trois est aujourd'hui active sur le service de « déclaration » - relatif aux flux de factures et de données -, contre deux sur trois pour le seul service « annuaire ». Les grands facturiers (énergie, télécoms, secteurs à forts volumes) n'en sont eux-mêmes qu'au stade de tests réalisés sur des lots plus représentatifs.
Source : Communauté des relais du 10 juillet 2026 et discours du ministre.
Interrogé sur ce retard, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, s'en est pris à l'idée d'une exception française : « Ce n'est pas un trait culturel français, c'est quelque chose de très humain que mes homologues étrangers observent aussi dans des réformes comparables. » Son analyse se veut davantage structurelle que critique : une transformation implique d'aligner simultanément l'ERP, les logiciels de gestion, les processus internes, les prestataires, les clients et les fournisseurs. Il s’agit donc d’un temps d’appropriation qu’il considère comme incompressible, et non d’un simple changement de format.
Source : discours du ministre David Amiel, Communauté des relais, 10 juillet 2026.
Ce retard n'est donc pas isolé : il est double, et ses deux composantes se renforcent mutuellement. Tant qu’une seule plateforme sur trois est effectivement opérationnelle sur le service de déclaration, les entreprises les plus avancées se heurtent, en aval, à un écosystème qui n'est pas pleinement en mesure d'absorber leurs flux. C'est cette lecture, assumée par l'administration fiscale elle-même, qui justifie les mesures de démarrage présentées ci-après : une bienveillance qui vise à absorber un retard structurel plutôt qu'à sanctionner un défaut de diligence.
Le guide pratique de la DGFiP énonce trois principes directeurs, qui structurent l’ensemble des réponses apportées aux 29 questions du guide :
Source : Guide pratique de démarrage DGFiP, 10 juillet 2026 ; repris en présentation CdR.
Ce qu'il faut retenir
« Les sanctions ne seront pas appliquées de manière immédiate, automatique et aveugle du seul fait qu'une entreprise rencontre une difficulté au démarrage, dès lors que cette difficulté est réelle, documentée et suivie d'actions de correction. »
Cette bienveillance ne saurait être assimilée à un report de l’obligation. L'administration appréciera notamment la nature de l'obligation concernée, la réalité et le caractère ponctuel ou durable de la difficulté, les démarches engagées, la part du périmètre déjà mise en conformité, la qualité de la documentation conservée — et l'existence éventuelle d'un comportement d'évitement, d'inertie ou de refus durable d'entrer dans le dispositif.
Source : Guide DGFiP, Q29, p. 33.
Sur la durée de cette phase, le guide ne fixe aucune date de fin. Seul le discours du ministre y apporte une indication, en réponse à sa propre question sur la durée de la « phase d'écoute constructive » : elle suivra le rythme de la montée en puissance constatée, et couvrira, en tout état de cause, la fin de l'année 2026.
Nota Bene : cette échéance reste une annonce ministérielle orale, non une doctrine écrite figurant dans le guide DGFiP. Elle ne constitue pas, en l'état, une règle de droit ou une position administrative opposable au même titre que le guide pratique : à manier avec cette réserve.
Source : discours du ministre David Amiel, 10 juillet 2026.
L'article 123 de la loi de finances pour 2026 a modifié l'article 1737 du CGI et a renforcé le régime prévu à l'article 1788 D. Les montants unitaires sont, pour l'essentiel, triplés par rapport au régime antérieur ; les plafonds annuels côté entreprise restent en revanche inchangés.
| Manquement | Montant (LF 2026) | Plafond |
|---|---|---|
| Défaut d'émission électronique | 50 € / facture (contre 15 € avant) | 15 000 € / an |
Défaut de plateforme agréée en réception |
500 € après mise en demeure de 3 mois, puis 1 000 € en cas de persistance (renouvelable tous les 3 mois) | Pas de plafond identifié |
| Défaut de transmission e-reporting | 500 € / transmission (contre 250 € avant) | 15 000 € / an |
Source : Légifrance, art. 1737 III, IV bis et 1788 D CGI ; art. 123, LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.
S’agissant de l'obligation de recourir à une plateforme agréée en réception uniquement, une mise en demeure de se conformer dans un délai de 3 mois doit précéder toute sanction. Ce délai légal préalable ne s'applique pas aux autres obligations (émission, e-reporting), même si l'administration indique privilégier, en pratique, une approche graduée. Une clause de « tolérance », inchangée, écarte par ailleurs toute sanction pour une première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une première demande de l'Administration. Cette clause légale est distincte de la bienveillance de démarrage et à vocation à s'appliquer de façon pérenne.
Source : Guide DGFiP et art. 1737, IV bis et V CGI.
Une facture reçue par mail, PDF ou papier après le 1er septembre demeure valable sur le fond : réalité de l'opération, dette commerciale, paiement, comptabilisation et droit à déduction de TVA ne sont pas remis en cause de ce seul fait.
Source : Guide DGFiP, Q3, p. 7.
Une entreprise soumise à l'obligation d'émission électronique ne peut pas organiser durablement son fonctionnement cible en dehors du dispositif, sans démarche de mise en conformité ni régularisation.
Source : Guide DGFiP, Q9, p. 13.
Source : Guide DGFiP, Q27, p. 31 (9 éléments de preuve attendus).
La coexistence, pendant plusieurs mois, d'un flux électronique et de canaux de continuité (mail, PDF, papier) accroît mécaniquement le risque de doublons — facture, paiement ou déduction de TVA.
Quelques contrôles méritent une attention particulière :
Au-delà des enjeux opérationnels et de prévention de la fraude, cette coexistence temporaire des circuits fait naître un risque fiscal propre : celui qu’une même facture soit prise en compte à deux reprises, entraînant non seulement un double paiement éventuel, mais également une double déduction ou une double collecte de TVA. Une telle situation serait susceptible d’affecter la fiabilité des déclarations de TVA.
Sur ce volet spécifique de conformité TVA, il apparaît opportun de renforcer, pour la durée de la phase transitoire, les contrôles suivants :
Enfin, l’archivage fiscal constitue un enjeu autonome de cette phase transitoire. Les entités devront garantir la conservation sécurisée, exhaustive et traçable des flux historiques comme des flux électroniques, ainsi que des éventuelles régularisations, y compris sur le cycle ventes.
La bienveillance annoncée par l’administration ne doit pas être interprétée comme un assouplissement général des obligations applicables. Elle ne dispense ni de l’entrée dans le dispositif, ni de la poursuite effective des travaux de mise en conformité. Elle conduit en revanche à déplacer l’appréciation du risque, qui portera moins sur une conformité formelle immédiate que sur la capacité de l’entreprise à démontrer l’existence d’une trajectoire active, documentée et pilotée.
Dans cette perspective, un dispositif de continuité insuffisamment structuré – en l’absence de référent identifié – de points d’étape réguliers, de registre des incidents ou de suivi des régularisations pourrait accroître l’exposition de l’entreprise en cas de contrôle. Le guide de démarrage doit ainsi être traduit en mesures opérationnelles concrètes, assorties d’une gouvernance resserrée associant la direction fiscale, la DSI et les directions financières concernées, d’un circuit d’escalade clair et d’un dossier de trajectoire tenu à jour en continu.
Il convient à ce titre d'anticiper les actions suivantes :
Nos experts en facturation électronique et Tax Technology se tiennent à votre disposition pour évaluer l'impact de ces modalités de démarrage sur votre trajectoire de conformité.
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